“L’opération
du moteur se déroule sans encombre, les durites se logent scrupuleusement aux
places escomptées. Pat ne semble pas quitter des yeux mes moindres gestes, je
lui rends la pareille, du plus discrètement possible. Jusqu’à cet instant
inespéré de la rencontre fortuite de nos doigts crasseux. Dans un élan de
coopération sur le remplacement de la cuve du carburateur,
son index glisse accidentellement le long de ma paume gluante. Au lieu de
reprendre son droit chemin, le doigt s’enfonce davantage, se cale dans le
contrefort de ma main, se love dans la moiteur de ma chair. Je marque un temps
d’arrêt, trahissant furtivement mon émoi, mais ne lâche pas prise pour
autant. La cuve s’entête, le doigt me transperce, ma main exulte, mon corps
vacille. Toute la finesse de sa peau se décalque sur mes pores béants, avides
de sensualité et caresses oubliées...”
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